La catastrophe du 22 février 1904 au Col de la Pare

La catastrophe du Col de la Pare

 


Dessin de Damblans publié dans Le Pélerin du dimanche 6 mars 1904

 

  A la une du Petit Journal du mercredi 24 février 1904

 


SURPRIS PAR UNE AVALANCHE

Une compagnie du 157e de ligne, en reconnaissance dans les Alpes, du côté du col de la Padre (sic), à 2661 mètres d'altitude, fut surprise par une avalanche de neige qui entraîna dix-neuf hommes. Malheureusement, six d'entre eux trouvèrent la mort dans cette catastrophe.
Le Grand Illustré N°2 - Dimanche 27 Mars 1904.


Le lundi 22 février 1904, un raid en montagne accompli par 80 militaires du 157ème de ligne basé à Jausiers, va causer la mort de six personnes.
L'objectif de cette course était d'atteindre le Col de la Pare à 2661 mètres d'altitude en contournant la base du cirque du Parpaillon, pour descendre sur Saint-Pons et rejoindre Jausiers.

La colonne atteint le Col de la Pare à 17 heures. Entamant la descente sur Barcelonnette, une avalanche emporte 16 des 21 hommes engagés sur la pente et les propulse 400 mètres plus bas sur le plateau des Maïts. Les moins atteints aident rapidement les autres à se dégager et réussissent à sortir huit de leurs camarades ensevelis ; six hommes restent introuvables.
La nuit tombant, le reste de la troupe, après un long détour, arrive sur le plateau des Maïts à 18h30 et poursuit les recherches. Quelques hommes emmènent les blessés à Saint-Pons et un sergent accompagné de deux soldats partent donner l'alerte à Barcelonnette qu'ils atteignent à 22 heures.
Vers minuit, une équipe de secours se met en route. Le gros de la troupe resté sur place, après avoir sorti trois cadavres, abandonne les recherches. La rencontre avec les secours a lieu aux Dalis, ou l'on attend l'arrivée d'un détachement militaire de Jausiers, avant de décider le retour à Barcelonnette et Jausiers.
Le lendemain, 12 pompiers de Jausiers, aidés de 5 personnes de la Chalenche, arrivent sur le plateau des Maïts à 14 heures et découvrent rapidement deux cadavres sous un mètre de neige et continuent les fouilles jusqu'à la tombée de la nuit. La dernière victime sera retrouvée le mercredi par les gendarmes et plusieurs gardes forestiers qui accompagnaient aux Maïts 120 hommes de troupe venus de Jausiers.



Les obsèques des victimes ont lieu le 26 février à 10 heures à La Condamine, au milieu d'une foule importante et recueillie. Plusieurs allocutions sont faites par le Secrétaire général de la Préfecture de Digne, le Gouverneur militaire de Lyon et le Colonel du 157e.

Le 12 septembre a lieu l'inauguration du monument élevé à la mémoire des six victimes de la catastrophe du 22 février, en présence des deux bataillons du 157e, des chasseurs du 14e composant le poste d'hiver de la Vallée, de la compagnie des sapeurs pompiers de Jausiers, des gardes forestiers, de nombreux fonctionnaires et d'une foule de curieux.

Sur ce monument en marbre du Queyras sont gravés les noms des caporaux Flodias et Terrasson, des soldats Chardeyron, Chardon, Dezégaud et Pesson.