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Les Barcelonnettes au Mexique

Sur les traces des Barcelonnettes au Mexique

Après un éprouvant voyage de Barcelonnette jusqu'à Saint-Nazaire, il fallait trois mois de traversée pour atteindre le Mexique au XIXe siècle. Avec l'arrivée des transatlantiques, il ne faut plus que trois semaines. Le paquebot "La Navarre" quittant Saint-Nazaire à destination de Veracruz.

Arrivée à Veracruz.

Les activités commerciales

Une rue commerçante de Mexico ou l'on aperçoit un "restaurant de Paris".

Cette carte publicitaire de la "Fabrique de chapeaux et manufacture de poil" des fils Pellotier a été imprimée en Italie. Elle précise "on parle français".

Une représentation du grand magasin de "La ville de Londres" de J. Ollivier et Cie à Mexico.

Les grands magasins de nouveautés "El Centro Mercantil" de Sébastien Robert et Cie à Mexico avaient aussi une maison à Paris.

Carte postale publicitaire des grands magasins du "Palais de Fer" à Mexico, société anonyme fondée en 1898 par Jules Tron et Cie. Au dos est écrit : "Los almacenes màs grandes y mejor surtidos de la Républica".

Autre carte, autre représentation...

Un véhicule de livraison du "Palais de Fer".

L'intérieur d'une succursale de "Las Fabricas de Francia"

Etiquettes utilisées pour marquer les coupons de tissus des magasins "Al Progreso" à Mexico et de "Las Fabricas de Francia" à Puebla.

Les grandes manufactures textiles

En 1889, un groupe de commerçants originaires de Barcelonnette créé la "Compagnie Industrielle d'Orizaba". L'usine de Rio Blanco, inaugurée en 1892, est alors la plus grande fabrique textile du Mexique.

A Rio Blanco, 6000 ouvriers travaillent treize heures par jour pour un demi à deux pesos par jour.

Sur le site industriel, à proximité des ateliers, une véritable cité ouvrière a été construite pour les employés, avec ses jardins, sa bibliothèque et son église. Les ouvriers reversent ainsi une partie de leur salaire en loyer à la Compagnie.

En 1896, un autre groupe de Barcelonnettes créé la "Compagnie Industrielle Veracruzana" et construit à son tour une nouvelle usine à Santa Rosa.

La CIVSA a pour emblème un coq hardi (la patte dextre levée) tenant une dague. Quelle est l'origine et la signification de ce symbole héraldique ?

La Compagnie Industrielle d'Atlixco est fondée en 1899 avec des capitaux espagnols et français. L'unité cotonnière de Metepec, construite en 1905, emploie 1250 ouvriers. C'est la plus importante manufacture de l'Etat de Puebla.

Les plus grandes affaires industrielles ont été vendues ou ont disparues; reste une fabrique de draps de laine aux mains des "Barcelonnettes" celle de Soria, fondée en 1918 dans la région de Guanajuato. Elle est dirigée par Robert Martel originaire de Barcelonnette.

L'industrie du tabac

En 1889, Ernest Pugibet fonde la manufacture de cigarettes "El Buen Tono". Elle va rapidement devenir la plus importante de toutes les fabriques de cigarettes établies au Mexique. En 1910, elle produit plus de 60% des cigarettes vendues au Mexique et emploie plus d'un millier d'ouvrières.

L'activité bancaire

Les grands patrons Barcelonnettes se sont aussi intéressés au secteur bancaire où on les retrouve siégeant dans les Conseils d'administration des principales banques du pays. L'immeuble du "Banco Nacional" à Mexico dont Sébastien Robert fut l'un des premiers conseillés. Parmi les membres du Conseil d'admistration, on trouve également Joseph A. Signoret dont la signature figure sur plusieurs billets émis par cette banque.

Le cimetière français

En 1889 la communauté des Barcelonnettes créé le cimetière français de Mexico "La Piedad". Ses nombreuses et riches scépultures en on fait un monument national à l'image du Père Lachaise à Paris.

Les cartes postales du Mexique

Parmi les éditeurs de cartes postales du Mexique, on trouve "Les Fabriques de France", grand magasin de nouveautés fondé en 1878 par Fortoul, Bec et Cie.

Le retour au pays

La plupart des émigrants qui ont réussi à faire fortune reviennent dans la Vallée où ils se font construire de somptueuses villas dans de grands parcs. On voit sur cette carte-photo les charpentiers à l'oeuvre sur le chantier de la villa bleue à Barcelonnette.

Appelés Barcelonnettes par les mexicains, ces riches propriétaires de retour sur leur terre natale sont qualifiés ici d'américains ou de mexicains.

Un groupe de "mexicains" devant la villa François Albert. Document extrait du livre "Les Basses-Alpes" de Henri Joannet (voir dans la bibliographie).

Barcelonnette est probablement la seule ville en dehors du Mexique où l'on trouve une avenue Porfirio Diaz. Il faut dire que le Président mexicain à largement favorisé le développement des entreprises françaises dans son pays.

A l'instar de leurs belles villas, certains "mexicains" vont se faire construire de luxueux caveaux dans les cimetières de Barcelonnette, Jausiers, Tournoux ou Saint-Paul.

Lorsqu'éclate la Grande Guerre, 561 jeunes Barcelonnettes au Méxique sont mobilisés auxquels se joindront des mexicains pour s'enrôler dans l'armée française. On dénombrera 241 morts parmi ces jeunes et 11 mexicains. Leurs noms sont gravés sur ce monument au pied de la tour Cardinalis sur la place Manuel à Barcelonnette.

 

Commentaires (3)

3. Chalvet-Poullain Le 29/09/2009 à 12:53

Merci pour toutes ces infos et surtout pour les photos ! Souhaitons que les Martels (mes cousins) puissent continuer l'aventure avec Soria le plus longtemps possible. En effet, la concurrence chinoise depuis une petite dizaine d'années a fait bcp de mal à l'industrie textile au Mexique... L'Europe n'est pas la seule touchée par la mondialisation...

2. FAVIER MILLET Le 11/03/2009 à 17:28

Envoyer un e-mail à FAVIER MILLET
Bravo pour ce site qui retrace l'histoire des Barcelonnettes au Mexique.
Seuls les Martel continuent à porter haut le nom de l'un d'entre eux, et gageons que l'avenir est encore ouvert pour les descendants de ces courageux pionniers, descendus de leurs montagnes arides, traversant les océans, et restant fidèles à leur Vallée de l'Ubaye. C'est quand même plus noble que l'histoire des békés en Martinique et des blancs-pays en Guadeloupe.

Et n'oublions pas Paul Raynaud lui aussi de la Vallée de l'Ubaye....où il n'osa jamais conduire sa maitresse la Comtesse des Portes...

1. faure Le 15/08/2008 à 15:34

Envoyer un e-mail à faure
bravo pour votre site
belle iconographie
on voyage dans un fauteuilSmiley
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Dernière mise à jour de cette page le 13/11/2009