La jeunesse serbe réfugiée en France pendant la première guerre mondiale

Un Bataillon Universitaire Serbe à Jausiers
pendant la Grande Guerre (1916-1917)

 

La deuxième offensive autrichienne contre la Serbie fin 1915 conduisit à la défaite de l’armée serbe, et à une retraite faite dans des conditions terribles en hiver à travers l’Albanie vers Corfou, et une autre partie se faisant vers Salonique. Dans cette retraite, se trouvaient des combattants de tous âges, mais aussi des jeunes gens ; élèves, âgés parfois de 10 ans et moins, des lycéens et étudiants. Une grande partie décéda d’ailleurs dans cette tourmente.

Évacués de Corfou et Salonique par différents bateaux français, britanniques et italiens, fin 1915 et début 1916, en partie sous l’égide de la Croix-Rouge, une partie arriva à Brindisi et de là partit par train à travers l’Italie vers Modane puis Aix les Bains, d’où ensuite, par petits groupes de 10 à 25 élèves, ils furent dispersés dans différentes écoles en France. Une autre partie débarqua aux îles du Frioul (Marseille), puis envoyée à Bastia. Enfin un troisième groupe (140) fut envoyé en Algérie et comme les précédents, y commença sa scolarité.

Une école militaire, dénommée Bataillon Universitaire Serbe fut établie à Jausiers, avec une extension à Mont-Dauphin, pour la formation militaire et scolaire des élèves serbes les plus âgés. Ces recrues étaient essentiellement des élèves aptes ayant interrompu des études secondaires et supérieures, ou devant recevoir une formation d’instituteurs, et âgés de 18 ans au moins. Elle fonctionna de mai 1916 à novembre 1917, quand elle fut dissoute.

Dans un livret de 32 pages, illustré de nombreuses photos inédites, Roger Hournac et Yves Revest ont retracé l’histoire de ces étudiants en explorant diverses sources documentaires et bibliographiques françaises et serbes. Les auteurs nous présentent de façon claire et détaillée le contexte et les circonstances de l’établissement de ce Bataillon, son initiateur, ses structures, son fonctionnement, ses activités, ses difficultés et sa dissolution.

 


Editions Sabença de la Valeia - prix : 6,00 €

 

En complément de ce dossier, vous sont présentées ici quelques rares cartes postales se rapportant au Bataillon Universitaire Serbe à Jausiers, ainsi que plusieurs autres cartes postales montrant la jeunesse serbe réfugiée en France pendant la première guerre mondiale.

 


La formation militaire aux casernes de Jausiers [coll. JFD]

 


Une salle de classe à Jausiers [coll. JFD]

 

 


Soldats du Bataillon Universitaire Serbe à Jausiers en 1916 [coll. JFD]



    
La première compagnie du Bataillon en 1916 [coll. JFD et PL]


La deuxième compagnie du Bataillon [coll. RM]


Une excursion aux Sagnes le 12 août 1916 [coll. X]


Pique-nique aux Sagnes [coll. JFD]


Prise d'armes le 24 août 1916 à l'occasion du départ du Commandant Liller pour Corfou
et l'arrivée à la tête du Bataillon du Lieutenant-colonel Djourovitch [photo coll. JFD]


Excursion au Parpaillon, photographie d'Isidore Blanc,
l'un des dix professeurs de français du bataillon.


Prestation de serment au Roi le 12 novembre 1916 [coll. JFD]


Visite du Général d'Amade - 22 décembre 1916 [coll. JFD]


Soldats serbes en formation à Jausiers en 1917 [coll. PL]


Une classe d'étudiants serbes en juin 1917
Les professeurs de français au second rang encadrent le capitaine Milan Tomic [coll. YR]

 


Carte-photo prise aux environs de La Condamine [coll. PMC]

 


Arrivée des serbes à Mont-Dauphin [coll. MS]

 


Arrivée des serbes à Mont-Dauphin [coll. JL]

 


Arrivée des serbes à Mont-Dauphin [coll. X]

 


Les élèves du lycée militaire serbe à Mont-Dauphin [coll. X]

 


Correspondance avec tampon linéaire du Bataillon Universitaire Serbe
et le cachet du Vaguemestre de l’École Militaire Serbe de Jausiers [coll. JFD]

 


Correspondance avec le tampon de la Ière Compagnie du Bataillon Universitaire Serbe
et le cachet du Vaguemestre de l’École Militaire Serbe de Jausiers [coll. PMC]

 


Correspondance avec le tampon de la IIème Compagnie du Bataillon Universitaire Serbe
et le cachet du Vaguemestre de l’École Militaire Serbe de Jausiers [coll. JFD]

 


Carte postale en franchise de 1916 [coll. JFD]

 


Carte postale en franchise de 1917 [coll. JFD]

 


Carte postale en franchise de 1917 [coll. PMC]

 


Carte de correspondance du Bataillon Universitaire Serbe
imprimée à Barcelonnette par Gabriel Astoin [coll. JFD]

 


Carte postale en franchise avec visa de censure à destination de Jausiers [coll. JFD]

 


Carte adressée au Capitaine Milan Tomich commandant du 2e Bataillon [Delcampe.net]

 


Carte adressée au Capitaine Milan Tomich commandant le 2e Bataillon [Delcampe.net]

 

Les enfants serbes en France

 

Une grande œuvre s’est accomplie dans le silence : l’État français a recueilli dans les lycées et collèges près de deux mille enfants serbes. Il était dit que la France qui avait sauvé et reconstitué l’armée serbe après la retraite d’Albanie, devait sauver aussi la jeunesse serbe, arrachée à ses foyers de peur qu’elle fût massacrée par l’ennemi [L’ILLUSTRATION du 29 juillet 1916].

 

Le Bataillon Universitaire Serbe à Jausiers et Mont-Dauphin a accueilli les étudiants déjà enrôlés en mai 1916. Les autres élèves âgés de moins de 18 ans ont été dispersés dans différentes écoles ou lycée français. C’est ainsi que des élèves furent envoyés la première année à Aix en Provence, Voreppe, Viriville, Saint-Laurent du Pont, Charlieu... en tout dans 73 écoles de la métropole et des écoles d’Algérie et de la Corse.

Au-delà des cartes postales, les personnes intéressées par ce sujet liront avec intérêt l'étude réalisée par Roger Hournac sur l'accueil et la scolarisation des élèves serbes en France pendant la Grande Guerre.

 

   

 

A lire également L'université française et la jeunesse serbe par Amédée Moulins, publié en 1917 et qui est consultable en ligne sur openlibrary.org.

 

 


Arrivée des étudiants à la gare de Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


Arrivée des étudiants à la gare de Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


Les étudiants place Debelle à Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


En route vers Saint-Nizier-de-Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


Saint-Nizier rebaptisée La petite Serbie (Isère) [coll. JFD]

 


Le Refuge du Clos Saint-Nizier à Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


Étudiants en classe à Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


Salle de classe à Voreppe (Isère) [coll. JFD]

 


La colonie serbe à Viriville (Isère) [coll. JFD]

 


Les Serbes au travail à Viriville (Isère) [coll. JFD]

 


Entrée de la colonie serbe à Viriville (Isère) [coll. JFD]

 


La colonie serbe à Viriville (Isère) [coll. JFD]

 


Une salle de classe à Viriville (Isère) [coll. JFD]

 


Élèves serbes au collège de Manosque (Basses-Alpes) [coll. JFD]

 


Élèves et leur professeur à Manosque (Basses-Alpes) [coll. JFD]

 


Étudiants serbes à Menton (Alpes-Maritimes) [coll. X]


École Serbe de Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes) [coll. JFD]


Étudiants et leur professeur à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes) [coll. X]

 


École supérieure de Bagnols-sur-Cèze (Gard) [coll. JFD]

 


Élèves serbes en excursion au Palais des Papes en Avignon (Vaucluse) [coll. JFD]

 


Classe serbe à Coti-Chiavari (Corse) [coll. X]

 


Élèves serbes au collège Victor Duruy à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) [coll. JFD]

 


Élèves et professeur à Libourne (Gironde) [coll. JFD]

 

 


Élèves et professeurs à Libourne (Gironde) [coll. X]



Jeunes serbes réfugiés en France (Libourne ?) [coll. JFD]

 


Le professeur Marty et ses élèves serbes à Libourne (Gironde) [coll. JFD]



Le professeur Marty avec ses élèves serbes à Libourne (Gironde) [coll. X]

 


Élèves et professeurs à Libourne (Gironde) [coll. JFD]

 


Un groupe de réfugiés à Martillac (Gironde) [coll. JFD]

 


Réfugiés serbes au collège d'Amboise - 1er avril 1916 (Indre-et-Loire) [coll. JFD]

 


Collège de Fontainebleau (Seine-et-Marne) [coll. JFD]

 


Réception d’une colonie serbe à Cognac (Charente) [coll. JFD]

 


Départ de la colonie serbe de Cognac le 25 avril 1916 (Charente) [coll. JFD]

 


École primaire supérieure de Pons (Charente Maritime) [coll. X]

 


École primaire supérieure de Pons (Charente Maritime) [coll. JFD]

 

Un second événement est venu animer, en mars, l’austère régularité des occupations de ces jeunes gens. Ce fut le départ des bleuets. En effet, parmi les collégiens, il y en avait un certain nombre que les trois années de guerres consécutives subies par la Serbie avaient empêchés de terminer leurs études secondaires à temps. C’étaient des jeunes gens de plus de dix-huit ans, mais qui n’avaient pas encore passé leur baccalauréat. On les a appelés pour le service militaire.
Ce furent des départs solennels. Ils ont été accompagnés, dans chaque ville, par leurs camarades serbes, par leurs nouveaux amis français, par tout le monde. En certains endroits, à Annecy notamment, leur départ se transformait en une manifestation grandiose, en une affirmation éclatante de la foi en la victoire prochaine [L’ILLUSTRATION du 29 juillet 1916].

 


Départ de bleuets serbes [coll. JFD]



Souvenir des élèves serbes reconnaissants [coll. JFD]

 

UN MONUMENT À LA FRANCE. Le célèbre monument de la Reconnaissance à la France, situé dans le parc Kalémegdan, à Belgrade, est l’oeuvre d’Ivan Mestrovic (1883-1962), sculpteur croate renommé pour son art monumental. Datant de 1930, le monument, sans doute unique du genre, représente une statue de femme dans toute sa puissance, dressée sur un haut socle orné de bas-reliefs qui illustrent la fraternité d’armes avec la France pendant la première guerre mondiale, comme en témoigne l’inscription qui y figure : "Aimons la France comme elle nous a aimés".

 


Monument de la reconnaissance à la France [coll. JFD]

 


Un des bas-reliefs du monument représente la jeunesse serbe dans les écoles françaises [coll. JFD]

 

 

      

 


Vignettes en carton remises aux donateurs lors de la quête pour la Journée Serbe du 25 juin 1916.

 

Commentaires (2)

1. Blagojevic Liliane 22/10/2016

Bonjour,

Merci pour Votre émouvant reportage historique.

Je suis Serbe d'origine et ce témoignage m a beaucoup touchée, sur tout aujourd'hui, quand le rôle des Serbes dans la Première guerre mondiale est presque oublie.

Je serai vraiment curieuse de connaitre les histoires des Français qui sont arrivés et qui ont vécu en Serbie après cette guerre. Ils ne sont pas nombreux, ce sont surtout des jeunes femmes de bonnes familles qui se sont engagées comme infirmières et ont succombé au charme des soldats serbes. J ai connu la fille d'une de ces dames.

Auriez-vous quelques informations sur eux ?

En vous remerciant,

Bien cordialement,

Liliana Blagojevic

2. ALTMEYER Hervé (site web) 12/10/2015

Histoire émouvante entre nos peuples et un reportage historique de haute valeur.
Vive l'amitié entre les nations

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